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samedi 5 septembre 2009

Tarun Tejpal Rédac-chef de Libé !

C'était hier, et son interview est en ligne ici.

vendredi 27 mars 2009

Happy Birthday Tehelka

La BBC loue ce canard comme celui qui repousse les limites du contenu éditorial. Tehelka, l'hebdo fondé par l'écrivain Tarun Tejpal rouvre 5 ans d'archives sur son site [en], avec des interviews de ceux qui font l'Inde d'aujourd'hui: Nandan Nilekani (Infosys), Arundathi Roy (Booker Prize & militante alter), Asif Ali Zardari (Pdt du Pakistan), Shah Rukh Khan (ShahRuuuuuuuuuuuuukh), des portraits d'artistes essentiels: AR Rahman (Slumdog Millionaire), MF Hussain (Picasso oriental) et les scoops qui ont font vaciller le monde politique indien (Gujarat 2002, SIMI).

cc flickr

Tehelka Zindabad !

Edit du 31/03: Aujourd'hui l'Inde fête aussi Tehelka en interviewant Tarun Tejpal, qui cause indépendance de la presse et donne son opinion sur les élections à venir (et c'est déjà dans mon widget delicious en barre latérale, pour ceux qui suivent...)  

vendredi 13 février 2009

Deepa Mehta zindabad ! Un autre Bollywood est possible

Puisque les récompenses pleuvent sur le vivifiant Slumdog Millionaire, causons un peu ciné. Depuis Salaâm Bombay de Mira Nair, les films les plus pertinents sur l'Inde nous viennent des auteurs NRI, qui présentent l'avantage, tout en étant des insiders éclairés, de pouvoir s'affranchir des codes bollywoodiens et d'espérer une exposition globale via les circuits des festivals internationaux. Deepa Mehta s'inscrit dans cette veine avec son triptyque Fire/Earth/Water. Cette trilogie des éléments est un voyage, puissant et poétique, dans la vie des femmes de l'Inde, et les tropismes antagonistes qui traversent leur culture.

Fire (1996)



Le premier film de la série, se déroule dans l'Inde contemporaine. Controversé dans certains pans conservateurs de l'Inde de par sa description des genres, du mariage, de la sexualité et plus particulièrement de par l'usage de noms de déesses hindoues (Sita/Nandita Das ; Radha/Shabana Azmi) dépeintes en lesbiennes.

Earth: 1947 (1998)



Earth est une chronique de la Partition, la plaie originelle de l'Indépendance (1 million de morts, 15 millions de déplacés, le plus grand exode du XX° siècle) qui continue à suppurer dans la géopolitique actuelle. Mais le biais choisi est l'histoire du petit peuple, que nous narre Lenny-baby, gamine parsi - minorité caméléon qui par nécessité
de survie, apprît au fil des siècles comment se diluer dans la masse ("like milk in sugar: sweet but invisible").

Water (2005)


Bouclant la trilogie, Water décrit les luttes quotidiennes d'un ashram de veuves a-socialisée dans le tissu social des années 30, en plein mouvement gandhien

Filmée sobrement, photographiée brillamment, un brin conventionnel dans le rythme, la trilogie vaut surtout par la charge émotionnelle et politique de ses sujets. Ils lient les films entre eux par leur universalisme. Ils réussissent à faire poser l'oeil occidental sur des problématique typiquement indiennes, que ce soit la sexualité (Fire), la guerre (Earth) ou la religion (Water). Il y aussi l'arc qui va de Earth à Water, un thème "mehtien" récurrent: la perte de l'innocence, aux doux visages des 2 narratrices enfantines. A chaque fois, prises dans des tournants dramatique de l'histoire ou l'Histoire: Lenny-baby démembrant sa poupée après avoir été témoin d'un écartèlement; Chuyia recroquevillée au fond de la barque après avoir été molestée.
Par ailleurs Deepa Mehta a le talent d'une conteuse, et sait faire exister sans manichéisme des personnages qui se construisent dans le conflit, tour à tour agents et victimes des glissement culturels. Parmi eux, j'ai aimé :
  • Aamir Khan, le ice candy wallah de Earth, une sorte de figaro qui vire au clown triste, voire même carrément Sweeney Todd.
  • Luminescente Nandita Das ! Elle aurait du être le fil rouge de la trilogie puisque le rôle de Kalyani lui eût été dévolu si l'agenda du tournage n'avait été bouleversé par des fâcheux, incarne la vibrante Sita & la pimpante aayah Shanta.
  • Chuyia/Sarala Kariyawasam, ébouriffante gamine & actrice amateure de huit ans.
  • John Abraham, habituellement le bourreau de ces dames, étonnamment sobre en disciple de Ghandi (crédibilité artistique, tout ça).
En conclusion, si je me risquais à une lecture riche de Fire, j'en garderais une allégorie de la société indienne - Biji comme l'influence affaiblie mais omniprésente de la tradition, Sita comme la force impulsive & agressive de la modernité, & Radha, bien sûr, comme l'Inde, tiraillée entre les deux.

PS: Pour les irréductibles fans de musique masala, il y a quelques clins d'oeils bollywood style &, last but not least, les BO composées par le légendaire - et golden globisé A.R. Rahman.

mercredi 4 février 2009

Bookshop dernière

J'ai presque écrasé une larme à la lecture des feuilles locales du Hindu d'hier: Mon libraire plie boutique. Une sale histoire de bail.
Cette caverne d'Ali Baba poussiéreuse n'avait l'air de tenir que par ses piles de bouquins, où seul l'affable Mr Shanbagh était bien capable de dénicher le dernier Amitav Ghosh, la Nausée de Camus en version anglaise, voire une méthode "le kannada pour les nuls". Pas de base de données informatisées ou de carte de membre, pas de mec en gilet vert, mais 10% sur toute la boutique toute l'année. Je lui suis redevable de mes découvertes littéraires anglophones en Inde, comme cette  Histoire de l'Inde post-gandhienne passionnante comme un roman (et j'apprends à la faveur de l'article que l'auteur Ram Guha était un fidèle du lieu), d'avoir exploré les classiques comme  Anita Desai (maman de la bookerized Kiran), ou RK Narayan,  sans sacrifier aux best-sellers genre l'inévitable Shantaram, livre-culte de tout bon expat en Inde (attention les amis, adaptation ciné à suivre produite par Johnny Depp, et ce sera plus fort que Slumdog, prenons les paris!).

So Shanbagh zindabad !

The closing chapter


Deepika Arwind


Another bit of old Bangalore goes as Premier shuts shop

— Photo: K. Bhagya Prakash




On its last legs: Shanbagh at his Premier Bookshop on
Church Street in Bangalore.

Bangalore: The city’s losses seem to be growing with every passing
year, whether it is the number and species of its trees, or its
pavements, or its old coffee houses.
In a week’s time, we will lose another beloved landmark of our
city, the Premier bookshop, which more than any other bookshop has
contributed to the city’s reading culture.
The bookstore, squeezed against an old Bangalore pub on the road
connecting Church Street and Mahatma Gandhi Road, is inseparable from
its owner T.S. Shanbhag, who now contemplates the end of its
37-year-old existence.
“In three or four months, the lease of this building will come to an
end, so I’ve decided to close it down,” says Mr. Shanbhag, almost
stoically. He plans to spend his free time with his family and
generally kick back into his retirement soon after the bookstore is
closed.
His 600 sq. ft. haven for bibliophiles, with its
precariously-stacked columns of books and 10 per cent discount on every
pick, will be missed sorely by the city’s old and new readers.
When Premier threatened to shut down in April 2006, all its regulars
– from literary bigwigs to those who hung about the store just to
browse – were upset.
The lease was extended and customers continued to flock the store.
But the lease now draws to an end, and according to Mr. Shanbhag, the
old building will “probably be restructured.”
He feels that his clientele, used to its musty comforts, would not want Premier to be relocated in a glitzy new structure.
His regulars share none of his stoicism, and are unabashedly sentimental as they mourn the closing of a chapter.
Says Ramachandra Guha, historian and Padma Bhushan Award winner: “It
truly is the end of a chapter in the culture and history of Bangalore.
Mr. Shanbhag is a unique bookseller with empathy towards his customers
and with a charm we do not see often.”
This reticent bookshop owner is mentioned in the Lonely Planet and
is a respected figure in the city’s literary circle without being a
writer or critic himself.
Arul Mani from the Department of English, St. Joseph’s College, is a
regular at the shop. “Mr. Shanbhag has probably done more for the
city’s reading than we can fully understand, with his discounts, his
willingness to hold a book for you till you managed the money, and his
quirky but always interesting pick of titles.”
The closing down of Premier is also a marker of the city’s changing
priorities, according to writer C.K. Meena. “We know that land prices
in that area have shot up and real estate is a coveted commodity.”
In the next week, Mr. Shanbhag will witness a frenzy of visitors
trying to make that one memorable trip to the bookstore and buying
books they have always wanted to.
Meanwhile, Mr. Shanbhag is making other plans. “I have many personal
things to take care of. I will visit my daughter in Australia,” he says
in the unflustered manner that his customers know so well.
(c) The Hindu

samedi 6 septembre 2008

Court instant de nombrilisme

Je suis admis au carré VIP des blogs & sites (francophones) sur l'Inde selon Djoh, à la 29ème place sur 37. Ce n'est point encore le top ten Wikio, mais si je continue à crier assez fort, quelqu'un finira bien par m'entendre. Je vais me googliser "comment booster son pange rank", pour voir.

Mais ma fierté perso, en vrai, c'est d'être dans la blogroll de Franck, blogueurinfluent version 1.0, écolo et globe-trotter "bharatophile " notoire.

Djoh & Franck zindabad !

lundi 4 août 2008

Shashi Tharoor zindabad !



Malgré son élocution de diplomate british, son parcours de surdoué (Ph.D. en droit à 22ans, conseiller au HCR puis secrétaire général adjoint de l'ONU sous le mandat de Kofi Anan), chroniqueur multicarte (The Hindu, Times of India), Shashi Tharoor est pourtant un pur produit de l'Inde moderne. Originaire du Kerala, il a, en grandissant à Bombay, Calcutta & Delhi été exposé aux différentes cultures, religions et langages panindiens qui ont façonné ses convictions fondamentales dans le multiculturalisme & la foi en la démocratie. L'apparente contradiction entre cette indianité et le fait d'être un véritable citoyen du monde s'avère être une qualité essentiel de la panoplie du haut fonctionnaire onusien toujours en recherche du consensus pluraliste. A ses heures perdues, Dr Tharoor est également romancier et essayiste (mais quand dort-il?).
shashi tharoor
Je viens de finir Le grand roman indien, fresque caustique qui retrace les évènements de l'Inde moderne à travers le prisme mythique du Mahabaratha: Comme dans l'oeuvre originales, des multiples digressions nous font redécouvrir la fin du Raj britannique & l'accession à l'indépendance, le chaos post-colonial, la Partition, l'ascension d'Indira Gandhi & la tentative autocratique. La lutte fratricide entre karauvas & pandavas y symbolise les tiraillements du Congress, sa scission puis l'émergence d'une l'opposition luttant pour la survie de la démocratie (Draupadi Mokrasi, cherchez l'astuce). Cette lecture multiple, à la fois historique & mythologique, est propice à filer la métaphore du dharma, à la fois notion du devoir et de la morale censée guider la conduite des hindous... de façon très subjective ! Ainsi les portraits des vicissitudes de l'hétéroclite classe politique ou de la sclérose bureaucratique élevée au rang d'art sont cruellement savoureux.

Pour la bonne bouche, je vous livre un court extrait, en forme de haïku plein d'autodérision à propos de son ancien employeur (Shashi Tharoor a même été candidat à la succession de son boss.).
On dit que les nouvelles organisations créées par les merveilleusement optimistes (quoique tenant de l'oxymoron) Nations Unies sont remplies de fonctionnaires indiens très efficaces, à l'esprit subtil et la langue suave, éternellement prêts à comprendre toute crise mondiale du point de vue de toutes les parties en conflit.

samedi 28 juin 2008

Taslima Nasreen zindabad !



La romancière, essayiste et poétesse Taslima Nasreen,à l'occasion de son passage en France pour recevoir le Prix Simone de Beauvoir, conte son exil. Une histoire de bouc émissaire & l'illustration du manque de courage en politique.

L'affaire commence avec une molestation par des barbus au Salon du Livre d'Hyderabad (oui, encore...), & prend de l'ampleur avec les tortillement du fondement du gouvernement au sujet de son visa. Sur fond de respect du communautarisme & des "valeurs de l'Inde" (un grand classique), son renouvellement est prétexte à un chantage à la liberté d'expression, comprendre l'autocensure de son dernier bouquin. L'écrivaine bangladeshi est ensuite trimballée 7 mois durant d'hôtels en résidences "surveillées", dans sa fuite de Kolkata Jaipur, puis Delhi. A bout physiquement, elle finit par lâcher l'affaire & se réfugie en Europe pour se soigner. Aujourd'hui elle ne sait pas si elle pourra rentrer dans le pays qu'elle a adopté.

Morale de ce conte amer: L'hypocrisie calculatrice de Pranab Mukherjee & Co a compromis la sécularité du sous-continent et la santé de Taslima pour acheter la paix sociale au Bengale Occidental.
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