samedi 28 juin 2008

Taslima Nasreen zindabad !



La romancière, essayiste et poétesse Taslima Nasreen,à l'occasion de son passage en France pour recevoir le Prix Simone de Beauvoir, conte son exil. Une histoire de bouc émissaire & l'illustration du manque de courage en politique.

L'affaire commence avec une molestation par des barbus au Salon du Livre d'Hyderabad (oui, encore...), & prend de l'ampleur avec les tortillement du fondement du gouvernement au sujet de son visa. Sur fond de respect du communautarisme & des "valeurs de l'Inde" (un grand classique), son renouvellement est prétexte à un chantage à la liberté d'expression, comprendre l'autocensure de son dernier bouquin. L'écrivaine bangladeshi est ensuite trimballée 7 mois durant d'hôtels en résidences "surveillées", dans sa fuite de Kolkata Jaipur, puis Delhi. A bout physiquement, elle finit par lâcher l'affaire & se réfugie en Europe pour se soigner. Aujourd'hui elle ne sait pas si elle pourra rentrer dans le pays qu'elle a adopté.

Morale de ce conte amer: L'hypocrisie calculatrice de Pranab Mukherjee & Co a compromis la sécularité du sous-continent et la santé de Taslima pour acheter la paix sociale au Bengale Occidental.

L'Inde, chambre d'échos de la planète ?

Un des postulats de mon blog est que le fourmillement culturel sorti du
bordel démocratique indien infléchira le cours du XXIème siècle. Les
choix stratégiques du sous-continent, plus que ceux de la Chine parce qu'hélas
prévisibles à moyen terme, feront basculer la géopolitique mondiale
d'un côté ou de l'autre de la barrière: que ce soit sur la laïcité, l'égalité homme-femme, les choix énergétiques, les modèles de développement agricole et industriels qui en découlent, l'Inde est à un carrefour... ça te rappelle rien? Seulement eux, ils sont un millard et quelques sadhus à poil.

Profitons donc de ce post pour inaugurer une rubrique "Zindabad !" qui tentera
d'exposer quelques personnalités dont les idées reflètent à la fois les tensions & les
passions qui traversent notre bas-monde.

mercredi 28 mai 2008

Le Karnataka vire Safran


(Photo (c) Outlook India)

La victoire des sémillants nationalistes hindous est une première dans le Sud de L'Inde, où les partis dravidiens troublent d'ordinaire la bipolarisation fédérale. Le Bhartya Janata Party obtient la majorité absolue au Parlement régional (113 sièges) grâce au ralliement des 6 indépendants dont un dissident du Congrès (leur ouverture à eux...). Cette élection met fin à 6 mois d'instabilité politique, crise ouverte par le Janata Dal (Secular) qui dirigeait le gouvernement de coalition mais avait refusé de passer la main à mi-mandat. Comme une juste sanction démocratique, le JD (S) s'est retamé partout, notament dans ses fiefs ruraux. Autre leçons de maturité politique, les acteurs qui voulaient jouer la confusion des genres (n'est pas Jayalalithaa qui veut) et les escrocs cherchant refuge au Vidhana Soudha en sont pour leurs frais.
Le Congrès progresse en sièges par rapport à 2004, mais ce scrutin est de mauvais augure avant les Elections Générales de l'année prochaine. A moins que Rahul Gandhi...

On peut se poser des questions quant à l'action du prochain gouvernement: Communautarisme ravivé ? Yeddyurappa -Yeddy, pour les intimes-, futur Chief Minister, annonce un membre de son gouvernement issu de la minorité musulmane (hop, encore l'ouverture).
Lutte contre le terrorisme? On ne peut pas dire que les états sous leur coupe soient des modèles du genre (Rajasthan, Gujarat de sinistre mémoire).
Faire de Bangalore une ville modèle ? Faudra commencer par trouver des solutions à la gabegie des transports publics, de l'approvisionnement en eau potable et en électricité d'une ville dont l'économie croît plus vite que ses infrastructures. Mais ces décisions sont-elles vraiment entre le mains de l'état ou des corporates? Le lobby de l'IT Nasscom semble apprécier la tournure des évènements, comme quoi le Swadeshi serait soluble dans le business globalisé.
Maîtrise de l'inflation ? Euh... On parle bien des mêmes qui partageaient les responsabilités depuis 2006?

Quant à nous, pôvres expats, c'est pas demain la veille qu'on sortira après 23h30...

mercredi 21 mai 2008

Pendant les attentats, les affaires continuent

Attrapé au vol d'un zapping nocturne, l'émission "Face the nation" sur CNN IBN (les mêmes, en saree):


Où l'on se préoccupe de savoir si:
  1. ça ne remettra pas en cause le prochain match à domicile des Rajasthan Royals (les australiens flippent).
  2. on ne va pas faire fuir les touristes avec toutes ces explosions.
Et Francis Warcziag, fondateur de Neemrana Hotels, de rappeler que c'est avant tout un drame humain avant d'être une perte économique. Ouf, la décence est sauve.

jeudi 15 mai 2008

La course à l'échalote

Renault suce la roue de Ratan Tata, criminel contre l'humanité, et annonce son partenariat avec Bajaj pour la production d'une "one lakh car" (pas électrique of course, ça on verra dans 5 ans). Tant de vanité à l'ère de la fin du pétrole mérite d'être célébré à sa juste mesure.
clipped from www.bakchich.info
« Gérard » de la nation la plus obtuse qui remplace les vélos par des bagnoles à bon marché alors que le prix de l’essence dépasse celui du caviar : l’Inde


mercredi 23 avril 2008

Opération Cricket contre Futebol

Où ça mène les accords culturels quand même... A quand le beach-cricket sur Copacabana?
clipped from www.thehindu.com

India will soon send a cricket coach to Brazil, although its own attempts to find a soccer trainer from that country had not borne results yet.

“We haven’t found a football coach for India yet, but the Board of Control for Cricket in India has agreed to send a coach to train youngsters here,” India’s Ambassador to Brazil Hardeep Singh Puri told journalists accompanying President Pratibha Patil here.

India and Brazil signed an agreement in 2006 on cooperation in sports. Brazil, which wants the status of a cricket playing nation, became a member of the International Cricket Council in 2002.

Information and Broadcasting Minister Priyaranjan Dasmunsi, who is president of the India Football Federation, has been pushing for seeking professional and highly qualified football trainers from Brazil.

“Football in this part of the world is highly professional and coaches here charge a lot. But something will be worked out shortly. In the meantime, the BCCI has agreed to send a coach,” said Mr. Puri.


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mardi 8 avril 2008

L'Asie menacée d'une crise alimentaire.

A l'attention des thuriféraires des agrocarburants: on causera bagnoles quand le sud aura atteint la souveraineté alimentaire
clipped from www.lefigaro.fr

La pénurie ne cesse de s'étendre depuis octobre.

L'Inde, troisième exportateur mondial, victime d'inondations dans plusieurs États du pays, a donné le signal en décidant un embargo sur ses exportations de riz non basmati, variété parfumée dont le prix est hors de portée des pays africains. Depuis octobre, non seulement l'Inde n'exporte plus mais risque de devenir importatrice. Premières victimes, les pays du golfe Persique, où jusqu'à 80 % de la population est immigrée d'origine indienne ou pakistanaise.

Ces immigrés se sont trouvés privés de riz en quelques jours. Début octobre, le riz a disparu des restaurants indiens, ainsi que des rayonnages des commerces. Les approvisionnements ont fini par reprendre mais plus chers. D'où les violences qui ont éclaté et qui ne se sont pas apaisées depuis dans les Émirats arables unis.


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